Partager l'article ! prime de 400 € : une mise à mal du travail d'équipe: Des évaluations nationales des compétences des élèves se sont déve ...
Des évaluations nationales des compétences des élèves se sont développées cette dernière décennie.
Elles peuvent être nationales, départementales ou locales.
Depuis la rentrée 2008, les évaluations nationales ont lieu aux niveaux de CE1 et de CM2.
Depuis cette année scolaire, les enseignants de CE1 et CM2 devraient recevoir une prime de 400 € pour la surcharge de travail liée à ces évaluations.
Il est certain que ces évaluations (passation, correction, saisie informatique des résultats et analyse) représentent une réelle surcharge de travail pour les enseignants desdits niveaux (CE1 et
CM2).
Néanmoins, depuis toujours, les enseignants assument la passation, la correction et l’analyse de ces évaluations sans que leur vienne l’idée de réclamer ou d’attendre une prime. De même que c'était toujours aux directeurs ou aux inspections de circonscription que revenait la saisie informatique des résultats .
Il va de soi pour tous les enseignants que l’évaluation des compétences des élèves fait partie intégrante de leurs missions, comme il va de soi pour les directeurs d'assumer les tâches administratives qui peuvent découler de dispositifs officiels.
Qui plus est, la règle générale veut que ces évaluations soient corrigées et analysées collectivement par l’ensemble des enseignants de l’école. Tous les enseignants se sentent naturellement concernés par les résultats obtenus par les élèves de l’école où ils travaillent car les résultats à un niveau donné d’enseignement concernent toute l’équipe des maîtres, en amont et en aval.
C’est d’ailleurs bien souvent à partir de telles analyses que le projet d’école et d’autres projets sont imaginés, discutés et élaborés.
Alors que vient faire cette prime donnée exclusivement aux enseignants de CE1 et CM2 ?
Ces enseignants devraient-ils désormais assumer seuls le travail qui a toujours été perçu comme un travail concernant toute l’équipe pédagogique ?
Ne risque-t-on pas, à terme au moins, de voir se dissocier les équipes ?
Ou bien souhaite-t-on acheter quelque chose ?
Cette dernière question peut paraître légitime
lorsqu’on voit l’odieuse utilisation qui peut être faite par le Ministère des chiffres des évaluations internationales.